Médaille commémorative de l’expédition du Dahomey (1892-1893).
Contexte historique
En 1892, les troupes du roi Béhanzin du Dahomey harcèlent Porto-Novo (protectorat français) et des comptoirs français.
La France envoie un corps expéditionnaire composé de 1 801 Européens et 1 769 auxiliaires indigènes, sous les ordres du colonel Alfred Dodds (Infanterie de Marine).
Après cinq mois d’opérations, Béhanzin est défait à Dogba face à 12 000 guerriers, dont 2 000 Amazones.
Le royaume du Dahomey est placé sous l’autorité de Toffa, roi de Porto-Novo.
Béhanzin est capturé en 1893, déporté en Martinique puis à Alger, où il meurt en 1906.
Création de la médaille
La loi du 24 novembre 1892 institue la Médaille commémorative de l’expédition du Dahomey. Elle récompense les officiers, marins et soldats ayant participé à la campagne et reprend le modèle de la médaille du Tonkin.
L’attribution se fait par le Président de la République, sur proposition des ministres de la Guerre ou de la Marine. La médaille est accompagnée d’un diplôme officiel.
Les frais de fabrication sont prélevés sur les crédits votés pour l’expédition.
Premières attributions
Le 11 mai 1893, à Marseille, la première médaille est remise solennellement au général Alfred Dodds, par le commissaire de la Marine Hauer.
Les propos officiels mettent en avant la valeur symbolique et mémorielle attachée à ce décor.
Fin d’attribution et statistiques
Les droits d’obtention cessent le 5 février 1894 (décret du 6 mars 1894 lié à la médaille coloniale).
En 1913, on dénombre 12 171 titulaires de la médaille.
Description de l’insigne
Forme et métal : médaille circulaire en argent, de 30 mm de diamètre.
Avers : effigie de la République, tête de femme casquée parée d’une couronne de laurier et d’épis, entourée de la légende « République Française ».
Revers : inscription « Dahomey » inscrite dans une couronne de laurier, entourée de la légende « Campagnes Coloniales – 1892 1893 ».
Le module reprend les caractéristiques générales des médailles commémoratives coloniales de la IIIe République (notamment celle du Tonkin).
Ruban
Ruban en moire de 36 mm de largeur.
Fond jaune-orangé clair traversé par quatre raies verticales vertes.
Ce code couleur reprend la gamme des rubans des campagnes coloniales, chaque expédition étant différenciée par la disposition des raies.
Fabrication
La médaille fut frappée par la Monnaie de Paris.
Les crédits de fabrication ont été directement pris sur ceux alloués à l’expédition militaire, afin de ne pas créer une charge budgétaire supplémentaire.
Symbolique
L’avers, avec la République casquée, rappelle à la fois la protection militaire et la mission civilisatrice que revendiquait la France.
Le revers, sobre et explicite, rattache le décoré à une expédition précise : le Dahomey.
Cette sobriété visuelle s’inscrit dans une logique de série, chaque médaille coloniale ayant valeur d’archive métallique d’une campagne particulière.
Modalités d’attribution
Attribution individuelle, sur proposition ministérielle, avec remise d’un diplôme nominatif.
Port autorisé sur l’uniforme militaire ou la tenue civile, selon le protocole phaléristique en vigueur.
Décoration personnelle non transmissible, sauf à titre de souvenir familial.
Particularité de la médaille du Dahomey
Elle marque un jalon important dans la série des médailles commémoratives coloniales de la IIIe République.
Elle témoigne de la reconnaissance officielle d’une des plus grandes campagnes d’Afrique de l’Ouest, ainsi que de la victoire contre une armée régulière et organisée (notamment le célèbre corps des Amazones).
La limitation rapide des droits (décret de 1894) en fait une médaille relativement peu attribuée, avec un total de 12 171 récipiendaires, ce qui en augmente aujourd’hui la rareté.




